Patru pereti si un acoperis – Benabar

29Iun10

Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future. On s’endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme enceinte. Les travaux sont finis, du moins le gros œuvre, ça sent le plâtre et l’enduit et la poussière toute neuve.

Le plâtre et l’enduit et la poussière toute neuve.

Des ampoules à nu pendent des murs, du plafond, le bébé est né, il joue dans le salon. On ajoute à l’étage une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l’automne. Dans le jardin les arbres aussi grandissent, on pourra y faire un jour une cabane.

On pourra y faire un jour une cabane.

Les enfants ont poussé, ils sont trois maintenant, on remplit sans se douter le grenier doucement. Le grand habite le garage pour être indépendant, la cabane, c’est dommage, est à l’abandon. Monsieur rêverait de creuser une cave à vins, Madame préfèrerait une deuxième salle de bain.

Ça sera une deuxième salle de bain.

Les enfants vont et viennent chargés de linge sale, ça devient un hôtel la maison familiale. On a fait un bureau dans la p’tite pièce d’en haut, et des chambres d’amis, les enfants sont partis. Ils ont quitté le nid sans le savoir vraiment, petit à petit, et vêtement par vêtement.

Petit à petit, et vêtement par vêtement.

Ils habitent à Paris des apparts sans espace, alors qu’ici il y’ a trop de place. On va poser tu sais des stores électriques, c’est un peu laid c’est vrai, mais c’est plus pratique. La maison somnole comme un chat fatigué, dans son ventre ronronne la machine à laver.

Dans son ventre ronronne la machine à laver.

Les petits enfants espérés apparaissent, dans le frigo, on remet des glaces. La cabane du jardin trouve une deuxième jeunesse, c’est le consulat que rouvrent les gosses. Le grenier sans bataille livre ses trésors, ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs, qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise, Quatre murs et un toit. Cette maison est en vente comme vous le savez, je suis, je me présente, agent immobilier. Je dois vous prévenir si vous voulez l’acheter, je préfère vous le dire cette maison est hantée. Ne souriez pas Monsieur, n’ayez crainte Madame, c’est hanté c’est vrai mais de gentils fantômes. De monstres et de dragons que les gamins savent voir, de pleurs et de bagarres, et de copieux quatre-heures, “finis tes devoirs”, “il est trop lourd mon cartable”, “laisse tranquille ton frère”, “les enfants : à table !”

****

Printre garduri vagi, pe un teren larg, un cuplu divagheaza asupra caminului mult visat, acum devenit real, spunand:

Ne indatoram 30 de ani, dar casa va fi a noastra, a copiilor – il corecta sotia insarcinata. Lucrarile sunt incheiate in mare, miroase a tencuiala noua, cu urme de praf proaspat depus.

Becuri atarna de pereti, de tavan, s-a nascut un copil, gangureste-n camera. Vom face la etaj o camera-n plus,fiindca un fratior o sa apara in toamna, parca si copacii au crescut putin, ce bine, vom face intr-o zi o cabana.

Vom face candva o cabana.

Copiii s-au inmultit, déjà sunt trei, si umplu usor mansarda, cel mare s-a instalat in garaj, sa fie independent, dar cabana – ce pacat – zace parasita. Domnul viseaza la o crama de vinuri, doamna ar vrea parca o baie in plus.

Da, va fi o baie in plus.

Copiii vin-pleaca, schimba doar haine, caminul s-a transformat parca in hotel. Am facut un birou in anexa de sus, apoi o camera de oaspeti, copiii sunt dusi. Si-au parasit cuibul fara sa stie exact cum, unul cate unul, haina cu haina.

Unul dupa altul, haina dupa haina.

De acum locuiesc la Paris, in apartamente mici, asa ca acum parca spatiul e-n plus. Vrei sa punem storuri electrice, adevarat – putin uratele, dar practice. Casa motaie ca un motan obosit, ale carui vintre torc ca-o masina de spalat.

Micii copii, asteptati, apar din nou, sa dam gheata la rece, e sarbatoare iar. Cabana din gradina e la a 2-a tinerete, ca un consulat redescoperit de copii. In podul casei, neasaltat de batalii, zac comori, cu panoplii pe pereti, cow-boys – toate ale micilor ambasadori, care colonizeaza pentru ultima data modestul taram promis, patru pereti si un acoperis.  Casa e-n vanzare, dupa cum bine stiti, eu sunt, sa ma prezint, agent imobiliar. Trebuie sa va previn daca vreti s-o cumparati, ce mai, casa e bantuita. Nu zambiti domnule, nu va fie teama doamna, e bantuita, e drept, dar cu fantome dragute. Monstri, dragoni – pe care pustii ii vad, plansete, lupte, din sfert in sfert de ora – “Termina-ti temele!”, “E prea greu ghiozdanul!”, “Lasa-ti fratele in pace!”,” Copii, la masa!”



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